Notre maison normande à Berkeley

La 16ème aura été la bonne ! 15 maisons visitées avec toujours un truc qui cloche quelque part. La dernière est pas parfaite, mais largement dans nos exigences. Dans nos travaux d’Hercule d’expatriés, on a réussi le plus dur !

Le marché locatif de la Baie

Alors ici, c’est pas la Creuse, on trouve plus facilement du taf qu’une location. Nos exigences de base était une maison avec 3 chambres et un jardin exploitable. Denrée encore plus rare sur le marché local.

Avant de partir, on avait identifié un budget mensuel de 4000$, et finalement quasiment toutes les maisons visitées étaient à +/- 10% à ce prix. Oui, c’est pas cher comparé à San Francisco, où faut bien rajouter 25%. Les prix s’envolent depuis quelques années, notamment à cause de la remontée des techies de la Silicon Valley dans la ville de San Francisco et sur l’East Bay.

On nous avait prévenu que le marché était en flux tendu : peu de maisons et qui partent tout de suite ; quand on en visite une, il faut être au taquet le chèque à la main. Les visites sont généralement proposées dans le cadre de “Open Houses” : la maison est ouverte à tous pendant un créneau, généralement le week-end, et tout le monde vient la visiter au même moment, ce qui produit une drôle d’ambiance. Le propriétaire reste au pas de la porte et laisse chacun faire sa visite, répondant juste aux questions. Si on est intéressés, on remplit un formulaire, on fournit des justificatifs, et on a la réponse le soir ou le lendemain.

Les propriétaires sont du coup limite arrogants. Certains sont tellement sûrs de louer leur maison dans la journée qu’ils ne se donnent pas la peine de faire un minimum de ménage ou de rafraîchissement. On en a même vu un qui louait une de ses maisons dans un état limite et qui annonçait clairement qu’il prendrait les locataires qui lui demanderaient le moins de travaux ! Bon, résultat sa maison est toujours là après 2 semaines, avec un prix en baisse.

Car on s’est finalement rendu compte au bout de 2/3 semaines que les maisons partaient pas si vite que ça. Quand le loyer est surévalué ou que l’état n’est pas nickel, les locataires ne sont pas si coulants. Du coup y’a moyen de négocier avec un bon dossier.

Les annonces à l’américaine

Les annonces sont quasiment toutes sur Craigslist, l’équivalent de notre “Le Bon Coin” : site minimaliste et mochissime mais tellement simple que tout le monde l’utilise. La moindre bicoque est “awesome”, “georgeous”, “wonderful”, mais ça c’est comme pour tout ici.

Les critères mis en avant ici (en plus du prix bien sûr) :

  • la superficie, en sqt². Pas facile au début mais on s’y fait vite, e.g. 2000sqt²=185m². Bon, ici c’est pas la maison du Hobbit, 120m² tu te sens serré.
  • le nombre de chambres et salles de bains, e.g. “3BR/2.5BA” (Bedroom / Bathroom). C’est rare d’avoir une seule salle de bains dans une maison ; la moitié du 2.5, c’est un WC en plus.
  • la qualité des écoles du quartier. C’est comme chez nous, l’école publique dépend du lieu d’habitation. Mais l’importance donnée à la qualité de l’école est assez hallucinante. Chaque école est notée et conditionne directement le prix de l’immobilier du quartier.

L’extérieur est généralement le cadet de leurs soucis ici. Quand t’es dehors, t’es dans ta caisse, au resto voire au parc, c’est tout. Du coup, même quand y’a un grand jardin, il n’est pas mis en avant dans l’annonce. Et on donne rarement la superficie du terrain.

Ce qui compte ici, ce sont les pièces de vie. On a vu des maisons de 250m² avec seulement 2 vraies chambres mais 3, 4, voire 5 salons / salles à manger / salles de jeux / bureaux. Dur de trouver 3 vraies chambres dans une maison abordable.

Où habiter

J’ai longtemps cru qu’on allait devoir déménager le blog sur lacenas-albany.fr ou lacenas-elcerrito.fr. Car sur Berkeley y’a pas grand-chose. 40,000 étudiants dans une ville de 100,000, ça assèche vite le marché à la rentrée.

East Bay MapOn a donc cherché plus loin : Albany, El Cerrito, Kensington. Evidemment, plus on s’éloigne, plus on trouve des belles maisons à des prix abordables. Et suivant la distance par rapport à un arrêt de bus Transbay (bus avec WIFI gratuit qui va sur San Francisco) ou de BART (le RER de la Baie), ça prend pas forcément plus de temps pour aller sur San Francisco. Mais ça reste plus loin pour aller à l’école qui est au sud de Berkeley, et faut prendre la voiture pour le moindre truc.

Chacun a son avis tranché sur les villes et quartiers ici. Nous on a surtout vu que d’un bloc à l’autre, ça n’avait rien à voir, donc rien n’est à écarter lors des recherches. La notion de voisinage a aussi une importance pour eux qui nous dépasse encore.

Notre recherche

On a commencé par des maisons qui nous plaisaient qu’à moitié sur le papier, histoire de s’habituer à faire des visites ici. On en a vues qui nous bottaient mais avec à chaque fois un truc qui collait pas : terrain trop petit, une chambre mal foutue, état général trop vétuste, trop bruyant (terrible ce BART aérien du côté d’Albany / El Cerrito).

Et puis on a vu une des maisons qu’on suivait de loin car le prix nous calmait devenir presqu’abordable. Alors on l’a visitée. Dans un quartier classe de Berkeley, aux bas des collines, super calme et à 5min à pied des commerces. Grandes pièces lumineuse, grand terrain, belle vue. Mais encore trop chère pour notre budget, même étendu, donc on a dit non. Avec un petit espoir quand-même, car on voyait bien que la propriétaire nous préférait à d’autres familles.

Et le lendemain, elle nous rappelle en nous proposant de nous la louer à notre prix ! Gros poids en moins. Maintenant, plus qu’à attendre le bateau avec notre conteneur (il vient juste de passer le canal de Panama ce 11 septembre)…

PS : on publiera des photos dans quelques jours

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