Chasse à la japonaise

A défaut de pouvoir emménager la maison (27 jours maintenant que le container est bloqué au port), on est parti à la chasse à la voiture. On avait tellement entendu de galères à ce sujet qu’on avait pris le temps de se préparer psychologiquement. Et financièrement, aussi. Samedi dernier on était prêt.

Le marché

Les japonais dominent le marché. La voiture phare ici, c’est la Toyota Prius. Notamment le modèle hybride (essence / électricité), pas trop cher à l’achat, encore moins à l’usage (déjà que l’essence est pas chère, ~1$ le litre). Beaucoup de Toyota donc, Honda, Subaru, Nissan, Mazda, mais aussi quelques américaines comme Ford ou Chevrolet. Aussi quelques Mercedes, BMW, ou Audi. Evidemment pas de françaises, pas assez tape-à-l’oeil ici.

Honda CR-VLa catégorisation des voitures est aussi totalement différente, pas simple de s’y retrouver au début. Surtout quand on y connait rien à la base. On est rapidement parti sur un modèle de SUV (Sport Utility Vehicle) pour être au confort dans nos escapades, de marque japonaise pour le rapport qualité/prix, et neuf pour la tranquillité, sachant qu’on n’est là à priori que pour 2 ans. Ce sera donc un Honda CR-V.

Repérages

Premier rendez-vous au concessionnaire Honda de Berkeley. Bonne surprise avec un vendeur plutôt agréable, Rezaul. Etudiant le jour, vendeur de bagnoles le soir et le week-end. Donc moins empreint des affres du vendeur-né. Le mec bien qui cherche à bien faire son job mais qui est pas passionné non plus.

On essaie la voiture, coup de foudre pour Madame qui sera la conductrice principale. Cool.

Passage au bureau pour discuter prix et comprendre comment ça marche. Comme partout ici, les prix affichés sont hors-taxes. Que ceux qui sont persuadés que c’est le paradis fiscal aux US déchantent. Ca dépend de chaque Etat, mais en Californie on tourne autour de 10% de taxes. Et les prix sont toujours affichés hors taxes. Et pour une voiture, faut aussi intégrer des frais spécifiques, comme des frais d’immatriculation, voire des inventions loufoques des concessionnaires pour se garantir leur marge (e.g. : frais de documentation !?).

Le point positif, c’est qu’on peut toujours savoir le prix OTD (Out of The Door), soit le prix définitif, tout compris et hors surprise.

Bon, Rezaul nous fait gentiment le coup de la remise sur un prix surestimé qui remet le prix final au prix de base. Réduction limitée à ce jour bien sûr. OK, on se rappelle et on se fait une bouffe, hein ?

2ème concessionnaire à El Cerrito. Mehdi, d’origine iranienne, bonne soixantaine, plus roublard mais encore très sympa, qui respire la sagesse. On a beau lui dire qu’on sait le modèle qu’on veut, faut qui nous le vende quand-même. Soit.

Passage au bureau. Même type de négociation, même prix au final. Allez, on se rappelle et on se fait une bouffe.

3ème concessionnaire sur Oakland. Aïe, un vrai. Un ancien militaire en plus. Concessionnaire, américain et militaire, ça fait beaucoup pour un seul homme. C’est trop pour nous en tout cas. Surtout avec le coup du “dites-moi-votre-prix-et-je-vais-voir-ce-que-je-peux-faire”. On se rappelle et on fait une bouffe.

Petit tour sur le Net pour voir maintenant les plans pour descendre les prix efficacement. Edmunds.com. Un site spécialisé dans les bagnoles qui propose notamment des grosses réductions avec certains partenaires, genre 10%. Trop beau pour être vrai, mais on essaie quand-même, les retours ont l’air finalement positifs.

Finalisation

On retourne le lendemain à El Cerrito. Un petit jeune nous saute dessus, Kevin. Mehdi nous a vu trop tard, plus assez rapide à son âge. Ou assez malin pour prévoir la suite. Kevin est pathétique. Devant l’offre qu’on lui présente, il monte un argumentaire ridicule en faisant gonfler le prix de base alors qu’on l’avait validé la veille, et en incluant des trucs qu’on demande pas, genre une alarme. Sûrement dérouté par notre comportement un peu trop cash pour un américain, il laisse finalement sa place à plus expérimenté. Mehdi est plus subtil, la négociation commence et arrive à un point intéressant. Petite déception de son côté quand on indique qu’il faut qu’on vire l’argent ! Ca nous permet aussi de faire reposer l’affaire.

En parallèle, on reçoit une offre d’un concessionnaire plus éloigné, sur Concord. Qui casse le prix. On s’en sert comme lièvre pour relancer tous les autres. Et là, chacun joue pour soi pour pas perdre le deal. Après 2 jours de mails et de coups de téléphones où l’un pleure quasiment auprès de Madame, on choisit de conclure avec Mehdi. On est tombé au final sur un prix OTD bien inférieur aux prix hors-taxes, et 2 des 4 concessionnaires se couchent.

Un peu méfiants quand-même avant d’y aller, notamment sur le respect du prix annoncé, tout se passe finalement très bien. Le stylo pas très rassuré aussi au moment de signer, car il nous reste un seul chèque, et la manière de les remplir est particulière. Après 1h30 de paperasserie, on repart avec la voiture. Madame va pouvoir étrenner son permis américain qu’elle vient de gagner fièrement 3 jours auparavant !

La famille est équipée. Les enfants leur vélo. Madame sa voiture. Monsieur sa trottinette.

Une réponse à “Chasse à la japonaise

  1. Bravo ****** d’avoir réussi ton permis américain et d’avoir maintenant une belle voiture!
    Nous regardons aussi en ce moment pour changer de voiture car nous avions acheté la Mazda Prémacy à la naissance de Maëva et elle va bientôt avoir 10 ans.
    J’espère que tu vas bien, tu me manques.

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