La Femme à San Francisco

Il aura fallu qu’on aille sur San Francisco pour enfin voir La Femme !

Ceux qui nous connaissent savent le culte qu’on cultive pour ce groupe de musique français. Déniché par le papa début 2013 dans des milieux branchouilles, raillé par la maman lors des premières écoutes, et finalement adopté par toute la famille au bout de quelques semaines ! Leur unique album, Psycho Tropical Berlin, est ce que j’ai écouté de mieux depuis des années en France.

La Femme, c’est un collectif biarrot de jeunipèdes dandys qui sort un son d’une maturité vexante. Style musical difficilement classable : mélange d’électro-rock / psychédélique / surf / coldwave. Une première écoute négligente pourra laisser penser à un truc facile et niaiseux alors que c’est d’une richesse et d’une cohérence assez dingues. Les obsédés des paroles railleront leur naïveté alors qu’elles cadrent pile-poil pour apporter des touches et contrastes qui mêlent rétro / décadence / insouciance / noirceur / dandysme / androgynisme. Les abimés de la Star-Ac et de ses hurleurs pourront aussi émettre quelques doutes sur les performances vocales, oubliant que là encore, elles s’ajustent parfaitement au contexte.

Un extrait en concert (la meilleure captation que je connaisse sur le Net) :

Maintenant, ils commencent à être connus, leur album a notamment gagné une Victoire de la Musique avec une prestation scénique remarquée :

Quand j’ai vu qu’ils passaient dans un club de San Francisco, je me suis empressé d’acheter les tickets, et c’était donc hier au Slim’s. C’était pas ouvert aux enfants, les nôtres ont donc accusé le coup, mais c’était effectivement pas adapté pour des gosses de 4 et 7 ans. Sauf à vouloir s’en débarrasser au milieu du tumulte pogoteur, où l’espérance de vie était ce soir là assez brève pour qui mesure moins d’1m.

On est arrivé à l’ouverture, le club était quasi-vide, je commençais à avoir de la peine pour mes petits français. A moitié rempli pour la première partie, un trio de jeunes ricains avec une chanteuse guitariste impressionnante. Aux trois-quarts dans la deuxième partie, encore un groupe de jeunes ricains plutôt écoutable. Et à 22h30, le club était plein pour nos surfeurs !

Ambiance très branchées, très jeune (on était probablement dans le dernier décile), excentrique et très libre, à la San Francisco ! Ou finalement c’était nous les excentriques à venir sans coiffure type pyramide verte, sans robe de chambre façon boxeur, sans chapeau et lasso façon Indiana Jones.

Moi qui aime bien observer les gens, ça tient maintenant du défi de savoir qui est avec qui, y’a trop de combinaisons possibles et pas assez de critères stables pour deviner. Gros challenge pour ces prochains mois ! C’est sûr que le retour au bar du village risque d’être un peu délicat. Mais ça tombe bien, on n’y allait pas.

Prestation électrisante, foule au 3/4 de fans déchainés si ce n’est déchirés, l’ambiance était au rendez-vous côté scène et côté salle, super moment. Côté son, c’était pas la grande classe, mais on se nettoiera les oreilles quand le matos hifi daignera sortir de notre foutu container.

Une captation qui gagnera probablement peu d’oscars techniques ou artistiques (ni mon téléphone ni ma pomme n’avions pourtant trop bu) :

Le trajet du retour San Francisco > Berkeley était assez étonnant, le Bay Bridge bouchonné à 1h du mat, je m’y attendais pas trop. Mais c’est rien à côté de ce qui nous attend aujourd’hui entre Halloween (mon petit coeur sensible a déjà dû affronter des zombies dans le métro, brrrhhh) et la parade des Giants suite à la victoire de San Francisco mercredi dans la ligue de baseball américaine!

 

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