Et d’une !

Ben voilà, on a conclu hier notre première année aux États-Unis. Arrivés le 18 août 2014.

Un bilan ? Ben on n’est pas trop malheureux j’ai l’impression. Madame se donne finalement moins d’urgence à trouver un boulot, aussi occupée qu’une retraitée. Les enfants ont bien compris que c’était un pays fait spécialement pour eux, où le fun et la futilité sont le Graal de tout un chacun. Monsieur a l’impression d’être en vacances la semaine au boulot tout comme chaque week-end. On est tous à la cool, comme tout le monde ici. Enfin, ceux dont le niveau de vie le permet. C’est indécent mais on va pas se flageller à la française pour ça. Ça durera peut-être pas. Autant en profiter.

Alors l’objectif de 2 ans est maintenant rayé. On a commencé le processus de demande d’une Green Card, histoire de ne plus être dépendant de mon job. Ce qui peut prendre jusqu’à 2 ans. On envisage d’acheter 4 voire 5 murs (et donc de bouffer du maïs jusqu’à la fin de nos jours) pour stopper l’hémorragie de notre compte en banque dans ces loyers démentiels. On recense tous les coins qu’on aimerait visiter dans ce pays immense. Et on tente toujours de décrypter le fonctionnent des ricains, ce qui prendra encore quelques années. On est toujours au stade du spectateur incrédule qui pige pas comment un bonimenteur de marché peut avoir autant de succès.

Comme nous, nos lointains proches se sont fait à l’idée d’un éloignement plus durable. C’est un prix à payer qu’on impose aussi égoïstement aux autres. Avec des crève-coeurs comme des naissances auxquelles on n’assistera pas, ou des dernières lignes droites de grands-parents qu’on voit diminuer à distance. Et on se dit que ça nous retombera dessus plus tard avec des gosses à qui on aura donné l’inclination de l’expatriation. Mais chacun comprend que l’expérience enrichit aussi tout le monde.

Cette année à terminé comme elle avait commencé pour nous. Par un tremblement de terre plus coriace que les autres. Moins fort que celui du 24 août de l’année dernière (4.0 contre 6.0), mais bien plus proche, à 5 km, sur notre faille de Hayward. Mais on l’aura pas vécu cette fois. Car on a aussi bouclé notre année hier sur un road-trip d’anthologie. Plus de 7000km en 18 jours à s’en mettre plein les yeux, jambes et ventres. Oui, faudrait qu’on vous raconte et montre tout ça. Mais on se presse plus. Souvenez-vous qu’on est à la cool.

Hi

Coding-out

Pas de femme ni d’enfants pendant 18 jours. Ça m’est jamais arrivé depuis 16 ans d’être tout seul aussi longtemps. Pour sûr que je vais en profiter ! Bon, écumer les bars de Mission Bay ou Castro pour tâter du plan gay, trans ou ramener des petites pépées et me défoncer aux drogues plus ou moins dures, pourquoi pas, faut pas insulter l’avenir, mais c’est pas encore mon truc. Non, mon fantasme, peu envisageable au quotidien à la maison, est plus inavouable.

Coder !

“Programmer” pour les profanes.

Bon faut contextualiser, je sens. Je viens d’un milieu où l’informatique, c’est la pire des looses. Un peu moins pire que flic ou prêtre, mais quand-même. Dans ma famille proche, on bosse dans le social, la décoration, le vin bio. Du noble. Le lien humain et la culture rendent toutes autres valeurs insignifiantes. L’argent et la technologie sont des valeurs presque honteuses. On se targue de pas se savoir servir de son téléphone. Quand on en a un.

Gosse, je paraissais déjà un peu bizarre aimant autant les maths que les matières littéraires, genre il va tourner mal çui-la. Je suis d’ailleurs parti à la fac sur un programme de maths appliquées aux sciences sociales, genre je me déciderai à la dernière minute. Puis j’ai basculé sur un cursus informatique, mais plus ouvert que la normale, avec langues, techniques de communication, etc. Avec l’idée de faire chef de projet de suite et pas de me salir les mains en programmant.

L’ordinateur et moi, ça a été une relation compliquée au début. Genre une fille avec qui tu sors un peu en cachette car elle te fait un peu honte. Mais que t’as l’impression de connaître depuis toujours. Et elle est tellement dingue de toi que tu peux pas la larguer comme ça ; au moins là, t’as pas d’effort à faire. Donc ado, j’ai bien fait quelques jeux, car c’est normal pour un ado, mais je refoulais mes désirs de programmation qui m’apparaissaient pas très sains. Même étudiant, je n’ai jamais programmé juste pour le plaisir.

Idem une fois rentré sur le marché du travail. Empreint d’une éducation aux saveurs marxistes, je me suis toujours interdit de bosser chez moi au profit d’un patron. Et même en tant que co-fondateur de ma startup je me limitais avec des horaires hyper stricts, pas question de me faire exploiter par moi-même, voire pire, de m’exploiter moi-même !

J’ai quand-même dérogé à la règle pour participer à des concours de développement, notamment à des périodes un peu trop pépères au niveau boulot. Ça avait un côté argent facile, comme un mec qui dealerait de la drogue le week-end. C’est d’ailleurs comme ça que je suis parti découvrir San Francisco et la Silicon Valley y’a 16 ans (en gagnant un concours, pas en dealant).

Pourtant, je suis pas sûr d’être geek. Je me suis jamais intéressé au matos ou aux objets eux-mêmes, je suis pas leur actualité, je m’intéresse seulement à ce qu’on peut inventer dessus. Ca peut sembler bizarre de dire ça quand on a plusieurs ordinateurs, tablettes, smartphones à la maison, mais personne vous dit que vous êtes fans d’électricité parce que vous avez un lave-linge, un lave-vaisselle et un aspirateur, si ? C’est fou comme la perception d’un lecteur insatiable peut se transformer en obsédé de la tablette, alors que seul le support change.

L’arrivée à San Francisco l’année dernière m’a fait une onde de choc. Que j’anticipais faut dire. Ici le développeur, c’est un peu une star, au même titre que l’entrepreneur. Les boites te chouchoutent, les salaires sont indécents. Certains développeurs commencent à avoir des agents, à l’instar de sportifs ou d’artistes. En France, si une fille te demande ton boulot à une soirée, c’est juste suicidaire que dire que t’es développeur. Ici elle te demanderas dans quelle boite, avec quels langages, etc. Genre elle flaire un peu ton potentiel économique et t’associe à un mec cool, mode hipster.

Quand en France on représente le développeur en un bedonnant-chauve-bigleux à qui tu confierais pas tes enfants, ici on te montre un beau-gosse. En ville, tu vois des panneaux de pub qui jouent sur le côté sexy avec des développeurs, voire qui montre des développeurs en petite tenue. Bon en même temps tout le monde est à poil à San Francisco.

Donc imprégné de ces vibrations californiennes, j’ai décidé que je me ferai une cure de code, soirs et week-ends pour 18 jours. Façon nerd-ermite, mais ça sera peut-être qu’une fois dans ma vie.

Comment ça, je code pas tous les jours au boulot ? Ben non, misère. Sur le Tour de France, je serais le mec qui prépare la course de son équipe le matin, et qui donne les conseils la journée dans sa voiture. Bon ces jours-ci, je peux monter sur un vélo, donc ça me fait vraiment du 12h de code par jour, je me rattrape.

Les neurones sont ravis, le corps un peu moins. Le week-end de 3 jours (fête de l’indépendance) en mode 6h30-minuit assis devant un écran en quasi non-stop, il a pas beaucoup aimé je sens. Yeux rouges, membres engourdis, estomac vide. Mais il a pas à la ramener, ça fait bientôt un an qu’il voit le soleil quotidiennement, fait de la marche + trottinette tous les jours de semaine, des balades tous les week-ends. Et puis y’a la musique en fond qui compense, notamment celle censurée par Madame en temps normal.

Là vous vous dites peut-être que je suis sûrement en train de pondre un truc de fou ? Ben non, même pas. L’ambition du résultat, pour moi c’est au boulot. Ce qui m’intéresse personnellement c’est la manière, les moyens justifient la fin. Je vais pas tartiner sur le plaisir intellectuel que peux procurer la programmation quand on est passionné. L’aspect démiurge où on devient créateur d’univers autonome ; la partie jeu casse-tête où il faut continuellement résoudre des problèmes ; la remise en question perpétuelle avec des vagues de nouveautés incessantes ; le partage avec des développeurs de tous pays. Et pour les plus graves dont je suis, y’a la dimension artistique du code, mais je suis encore trop lucide pour oser en parler aux profanes.

Ouais, y’a du mal de fait, j’assume. J’arrête là sinon Madame va s’inquiéter et rentrer plus tôt de France. Elle ignorait tout ça la pauvre.

Les cacahuètes du maire

Je rentre à la maison, pleins de petits coeurs sur la table que je remarque même pas. Bon, y’a un truc spécial apparemment. Bah, y’a un an, c’est le projet d’expatriation qui se décidait. Ah, la vente de ma boite ? Heu, je l’ai bien en tête, mais c’était le 15 mai ma p’tite scattered-woman !

Merde, c’est autre chose, j’ai grillé une cartouche. J’ai maintenant la pression au milieu des 3 qui se moquent de moi. Je cherche… De dieu, le 11, non le 12 mai 2014, qu’est-ce qui a bien pu se passer ?

Bon, ils ont pas l’air sérieux, ça a pas l’air critique, pas de panique. Encore une blague à la con, je peux pas leur en vouloir. Allez, je rends les armes.

“Notre mariage !”

Oh putain ! Notre premier anniversaire de mariage !

Là, le lecteur qui me connait pas de près doit se dire qu’il a trouvé le pire goujat au monde. Y’a sûrement un peu de vrai, mais j’ai quelques excuses. Même si ça m’empêche pas d’avoir un peu honte.

Dites-le pas trop fort à nos hôtes, mais on s’est un peu mariés parce que les lois ricaines conçoivent pas grand chose d’autre pour un couple immigré. Mais avant, on s’engueulait très bien sans ce bout de papier, et on imaginait bien continuer sans.

Ca reste pourtant un mariage épique.

Décidé en avril, planifié pour mi-mai histoire de choper le visa pour août. 2 jours après notre retour d’un voyage au Sénégal et la veille d’un séjour professionnel en Californie (finalement annulé in extremis).

Un lundi soir après le boulot. Un 12 mai donc.

En comité restreint, seuls les témoins étaient prévus au départ. Mêmes pas les parents. Y’aura finalement un peu plus de monde, mais pas de quoi remplir la salle de mairie de notre petit village.

La mariée en boubou bleu et rose. Fait sur mesure par un tailleur dakarois. Le marié en chemise froissée. Faite sur mesure, ou presque, par un tailleur chinois de chez Jules voire Celio. La fille en déguisement de robe de princesse look Tati. Le fils a peu près présentable dans les 5 minutes après l’habillement et avant les délires avec les cousins.

Pas de bague évidemment. Même pas de bisous ; parait même que j’aurais mis un vent à ma dulcinée, mais ma mauvaise foi est assez forte pour refuter cette idée.

Le maire de notre village avait eu l’air quelque peu surpris quand on avait commencé à parler organisation. Il nous aurait probablement dénoncés s’il nous connaissait pas un peu et s’il avait pas encore un maigre espoir de conserver 2 petits clients de plus dans l’école du village. Mais quand il a vu comment on fêtait ça ensuite à la maison, là on l’a perdu. Ils nous a vu sortir péniblement un bol de cacahuètes pour une quinzaine de personnes, accompagnées d’une goutte de champagne sorti d’on ne sait où. Et puis il a senti qu’il fallait qu’il rentre chez lui pour pas perdre sa foi républicaine.

En l’espace de quelques semaines, on m’a brutalement rappelé que je devais fêter un mariage et une 4ème décade. Si on m’avait dit ça y’a 20 ans, j’aurais bien ricané, tiens. Manque plus qu’on me dise que j’ai des gosses.

PS : On n’a pas assez insisté qu’elles avaient été ramenées fraîchement du Sénégal et grillées dans le sable, ces cacahuètes ! Et je soutiens que y’en avait au moins 3, voire 4, par personne !

Commu(beep)!

La semaine dernière à San Francisco. Derby des Giants contre les Dodgers de Los Angeles. Un Lyon – Saint-Etienne, mais en version quasi civilisée, et avec des adversaires dignes d’être des adversaires.

Grosse tension, les Giants se laissant mener 2-0 chez eux. Le public s’excite ; fuse des tribunes l’amertume de quelques mots secs et jets de bière humides. Adressés aux Dodgers mais accueillis principalement par nos oreilles et chevelures innocentes. Quand tonne derrière nous l’insulte suprême :

Communists!

Oh putain ! Tu sens là plus de violence qu’une revue intégrale de l’Arche de Noé portant atteinte à ta respectable génitrice. On est là aux frontières de l’indicible, version locale du point Godwin, plus rien à rajouter.

Communiste. Qu’est ce qu’on pourrait dire en France d’équivalent ? Gamins, à l’époque du pin’s “Touche pas à mon pote”, on aurait dit “Raciste !”. Maintenant tu ferais juste sourire, ça devient doucement un signe d’attitude décomplexée, suffit juste de pas trop déraper quand t’es connu pour éviter l’emballement médiatique.

Fasciste ? Bof, c’est maintenant le premier parti de France.

Non, faut plutôt chercher de l’autre côté désormais. Droit-de-l’hommiste ! Européiste ! Tiers-mondiste ! Humaniste ! Démocrate ! Ça, ça a de l’avenir. Surtout dans des gradins de supporters.

Quoi, mon accent ? La honte de ses gosses

Ca y est, ça a commencé. Plus tôt que prévu.

— C’est pas “one more time”, c’est “one more time” !

Un slip-au-verre (slip-au-vert ? slip-ovaire ? ah, sleepover) d’un pote américain du fiston – c’est les vacances cette semaine, alors ça enchaine, les slips. Traditionnelle séance musique du repas du soir où chacun peut choisir un morceau tour à tour. Je répète le titre proposé par l’autochtone, et voilà ma première veste sur mon accent de la part des enfants : “Eh, papa, c’est pas comme ça qu’on dit !”. Accompagné d’un sourire ironique et néanmoins gêné.

La semaine dernière déjà, au stade pour voir le 1er match de la saison des Giants, le fiston avait compris avant moi le chant ennemi : “Let’s go Oakland!”. OK, c’est juste notre ville voisine par laquelle je passe 2 fois par jour, et le chant local est juste “Let’s go Giants!”. N’empêche que moi j’avais pas bien saisi (comme j’avais pas saisi “Let’s go Giants!” lors de mon 1er match).

Faut dire que j’ai toujours été une quiche au niveau accent. Une des raisons pour lesquelles j’ai toujours adoré le latin. Bon je me débrouille heureusement mieux qu’un président français. Il arrive même qu’on me comprenne, profitant d’un malentendu.

Non, objectivement, j’ai pas plus de problème qu’en français. Mon débit couplé à mon articulation et mon niveau sonore fait que mon accent passe finalement inaperçu. Voire je fais plus d’efforts qu’en français et on me comprend mieux. Y’a intérêt, car je fais passer pas mal d’entretiens de recrutement pour mon boulot, et pour les premiers, j’avais l’impression de passer moi-même un test d’anglais. Mais 80% de mes candidats sont indiens et chinois, et là j’ai quelques moments de solitude et dois faire preuve de créativité pour recoller les bouts. Arf. Eux doivent avoir la même problématique avec moi.

Bon, j’envie pas plus ma moitié. Avec son parfait accent British qui sent la pluie et le p’tit doigt levé, j’ai l’impression qu’elle les nargue, les ricains. Mais elle, c’est un choix. Une stratégie de résistance à l’ennemi. Maintenant, le syndrome de Stockholm commence à faire son effet et elle commence à céder au prononcé “chewing gum”. Y’a pas a dire, on n’est pas tous égaux question accent.

Donc mon accent va être le 1er angle d’attaque de ma progéniture. Ca va se transformer peu à peu en sentiment de gêne, voire de honte. Comme mes potes d’enfance d’origine maghrébine ou asiatique qui osaient à peine me présenter leurs parents qui parlaient pas ou mal français. Et moi je ferai comme ces parents qui conservaient leurs traditions d’origine, ce qui ajoutera à la honte.

Toujours à bouffer du pain, du fromage. A boire un expresso et pas de la lavasse. A exiger des gosses qu’ils mangent à table avec nous. A oser leur dire non et les engueuler. A leur faire des câlins et bisous. A lire mon Canard français même avec 2 semaines de retard. A privilégier un style lapidaire à leurs salutations ampoulées et remerciements circonvolutionnés.

Et tout ça se cumulera avec les objets de honte intergénérationnels classiques qui vont se succéder :

  • l’aspect physique ; déjà qu’on est considérés comme des vieux alors que pas quadras
  • la condition physique ; oui je souffle quand je joue au foot ; crétin va, tu verras plus tard !
  • les gouts musicaux ; mes oreilles saignent toujours à l’écoute des nouvelles voix pop trafiquées à l’auto-tune. Mais je travaille en douce pour éduquer les leurs.
  • la manière de danser ; ah non, moi j’échappe à ce problème 🙂 Mais je vois bien les dégâts autour de moi.
  • l’humour paternel qui parait hautement spirituel à 5 ans mais totalement débile ensuite
  • la manière de s’habiller ; là je repousse toujours les sandales en cuir, mais va bien arriver le moment ou je vais m’y mettre. Rho, misère.
  • l’embourgeoisement idéologique, politique, domestique
  • la vaisselle mal lavée ; pas grave, on voit moins bien
  • la propreté de la maison et du tas d’os grinçant drapé de peau fripée de plus en plus suspectes
  • l’incontinence
  • la boite de cendres sur la cheminée

Quand je serai plus là, il leur manquera, mon sale accent !

Moral d’expat

On a beau ne pas supporter toute tendance clanique ou communautaire, quand on s’expatrie, y’a rien à faire on est un expat’. Et on a beau se dire au départ qu’on ne fraiera qu’avec les indigènes, à la fin on se retrouve essentiellement avec des compatriotes. Même quand ils exhalent fromage et pinard, qu’ils sont crades et qu’ils font que râler. C’est ça les Frenchies de la Baie (pour les ricains).

C’est limite incontournable de partager des expériences qui sont forcément fortes les premiers temps, et d’essayer de comprendre comment ça fonctionne. Comme après des séances de plongée en pleine mer où t’en prends plein les mirettes, mais où tes échanges avec la population locale des mérous et crustacés manquent d’une certaine profondeur pour t’apporter une compréhension exhaustive du milieu. Tu remontes à la surface, tu reprends ton souffle, t’échanges avec tes potes pour mieux comprendre ou chercher de nouveaux bons plans, et tu replonges. Tu acquiers plus de souffle à chaque plongée pour probablement te retrouver avec une belle paire de branchies quand tu n’y fais plus gaffe.

Un truc intéressant qui circule entre expats (en plus du pinard, du fromage, de la crasse et des complaintes), c’est la courbe de Mc Cormick et Chapman (celle-là est une adaptation approximative, mais en français, qu’on trouve à droite à gauche) :

Courbe Mc Cormick / Chapman

Intuitivement, avant-même que le processus de relocation ne s’enclenche vraiment, je me faisais une idée proche de cette progression. Et sur place, je compte pas les expats qui m’ont dit que c’était bien ça. Résultat : que nenni.

Ma courbe personnelle est plutôt constante :

Courbe de moral du barbu

Je suis pas parti de bien haut contrairement à d’autres pour qui l’expatriation était une démarche volontaire voire un aboutissement, mais je pense pas avoir eu le moindre petit coup de blues depuis le début. Y’a tellement de bonnes choses attendues et surtout inattendues que le reste se fait vite oublier. Et 7 mois après, j’ai toujours l’impression d’être arrivé la veille et de tout avoir à découvrir. Chaque week-end se transforme en excursion à l’étranger. L’explication est peut-être liée à une digestion du nouveau rendue plus laborieuse par ma quarantaine narguante. Ou c’est syndrome du poisson rouge. Ou la félicité du simplet. Pas grave, je prends.

Pour ma madame qui a dû passer de Working Girl à Desperate Housewife dans un pays qui la faisait pas trop rêver, ça a été plus difficile:

Courbe de madame

Son road-trip d’ado dans le Texas et l’Arizona l’avait laissée perplexe sur le mode de vie des ricains. Mais elle a découvert que la Baie, c’était autre chose. Et a décrété la première que le point de mire de 2 ans qu’on s’était fixé devenait caduque. Bon, apparemment, sont pas très chics au niveau fringues et bijoux, d’accord (moi je vois pas le problème, ils ont un haut et un bas, enfin sauf dans certains quartiers de SF). Les relations avec les familles américaines toujours compliquées à appréhender, d’accord. L’éducation des enfants rois assez discutable, d’accord. Mais madame peut enfin reparler son anglais préféré (avec son accent British), ou son français enjolivé avec ses nouvelles copines, profiter du ciel bleu quasi continu, consacrer plus de temps pour ses affreux et pour elle, voyager, et même avoir des projets de reconversion professionnelle. Elle râle toujours, ce qui est bon signe, mais on sent que c’est plus pour garder le rythme et se préparer au retour en France.

Les modèles réduits sont pas nature pas très constants dans leur perception de la situation :

Courbe des affreux

Ils n’ont finalement pas vraiment réalisé ce qui se passait avant le départ. Ils comprenaient qu’ils ne reviendraient pas à l’école l’année prochaine, qu’ils ne reverraient plus leurs potos, mais la notion de durée restait floue. Un peu moins pour le fiston, mais l’argument d’aller habiter dans la patrie des Super-Héros fut imparable. On s’est de toute façon toujours dit qu’ils seraient les plus durs à faire retourner en France, on se prépare à devoir maintenir le contact avec leur pays d’origine. Ma fille m’appelle naturellement Daddy depuis plusieurs semaines (suite à une période de transition douloureuse pendant laquelle je devais répondre à Papy). Mon fils veut plus souvent jouer au foot américain ou au baseball qu’au vrai foot. Mais ils ont souvent eu des coups des blues au sujet de leur maison, des chats, des potes, de la famille. Il semble qu’on entame maintenant une nouvelle période d’enracinement.

Bon, Mc Cormick et son pote me pardonneront de pas avoir été plus loin que leur courbe, leur travail est surement plus intéressant que ça. Mais quand le message est délivré comme la parole sacrée comme je l’ai constaté plusieurs fois, c’est hérisse-poilant. Du même acabit qu’un horoscope : ça ratisse tellement large que chacun peut s’y retrouver.

Après, c’est comme une courbe de taux monétaire, le facteur zoom / bornes temporelles est déterminant. Dans 2 ans, peut-être que chacune de nos courbes actuelle s’appliquera à un petit bout de la courbe théorique. Mouais.

Lake Tahoe : bonshommes de neige et châteaux de sable

Y a 3 semaines, j’ai appris qu’on passerait la Saint-Valentin avec ma belle-mère, qui venait d’avancer son voyage de 2 mois. Ah ?

J’avais pas envisagé le week-end de 3 jours (oui, encore un jour férié) que j’avais réservé au Lake Tahoe de la sorte. En même temps, fêter la Saint-Valentin nous excite généralement autant que de sortir les poubelles, donc c’est pas le drame. Et je l’aime bien ma belle-mère.

Le Lake Tahoe, c’est la destination verte préférée de la populace de la Baie (enfin, celle qui peut se le permettre). A 3/4 heures au nord-est (selon les bouchons). Les plus doués en anglais auront compris que c’est un lac. Mais assez unique :

  • presque 1900m d’altitude
  • 35 x 19 km (le plus grand d’Amérique du Nord)
  • jusqu’à 500m de profondeur
  • tellement pur qu’on peut voir à 20m de profondeur

On s’est posé au sud du lac, dans la ville créativement nommée South Lake Tahoe. Pas la plus authentique ni la plus jolie du coin, mais la plus pratique et la plus animée. Avec un découpage façon 2ème guerre entre Californie et Nevada séparées par une rue centrale. Marihuana à l’ouest, casinos à l’est. Je sais toujours pas quel ordre de pratique est le plus recommandé.

P1030877 P1030924Lake Tahoe est aussi la destination hype pour le ski. Plein de stations entourent le lac. La plus chicos, Heavenly, part directement du centre de South Lake Tahoe. Des oeufs qui circulent en permanence au dessus du centre vous frôlent les oreilles ou vous emmènent sur les pistes à 3000m. Le trajet vaut largement les 52$, même si on ne skie pas. Et puis ça se digère mieux quand le forfait de ski est à 125$ la journée (3h dans notre cas), l’heure de luge à 30$, le café à 6$ ou la bière à 11$.

 

 

Quelques descentes de ski et un gros bonhomme de neige plus tard, on descend découvrir le lac et on se pose sur une immense plage de sable. L’heure est à la trempette et aux châteaux de sable ! Ca reste assez exceptionnel en cette saison. On aurait du chausser les chaînes et les bottes si le temps était un minimum sérieux et faisait son taf.

Plage d'Elk Point
Plage d’Elk Point, à quelques km au nord-est

L’été et les hivers indiens sont aussi propices aux balades en montagne tout autour du lac. On a passé le 2ème jour vers Emerald Bay, au nord-ouest. Marches tranquilles mais absolument superbes vers un lac glacé (Eagle Lake) et un torrent (Eagle Falls). Avec des vues sur le Lake Tahoe à couper la parole à toute la petite famille, c’est dire (mais très momentanément) !

Vue sur le Lake Tahoe
Vue sur le Lake Tahoe
Eagle Lake
Eagle Lake. Un louchedingue a fait un plongeon devant nous !

Par contre, on est pas tout seul, à notre descente, l’unique sentier est bien chargé dans les 2 sens, avec des chiens de toutes tailles promenant leur maître. Mais il parait que ça n’a encore rien à voir avec l’été.

Retour sur le Lake Tahoe le 3ème jour, avec un nouveau coin magnifique, Sand Harbor Overlook, en montant au nord-est du lac. Eau pure paradisiaque, rochers magnifiques, grandes plages et petites criques. Entre le temps estival et l’absence de peuple, on a eu une sacrée chance. Ca doit être l’effet belle-mère.

Plage qui doit être noire en été
Plage qui doit être noire en été
Terrain de jeux de nos demi-pommes
Terrain de jeux de nos demi-pommes
Sans commentaire
Sans commentaire

Courte halte au retour dans la capitale californienne, Sacramento, située à mi-chemin entre le lac et San Francisco. Marche au coucher de soleil entre maisons de western et immeubles modernes :

P1000597 P1000599Et puis dans une ruelle (enfin une ruelle américaine étant une bonne rue française), on aperçoit une terrasse de restaurant cachée, magnifique, mais déserte malgré une musique douce de jazz style années 50. C’est la cour d’un resto à priori ultra-connu et hyper-chic de Sacramento, le Firehouse. Avec des ricains qui s’habillent élégamment, ce qui nous fait un choc. On commande bières et jus de fruits et on s’installe seuls dans cette cour et dans la douceur (20 – 22°C vers 19h) de cette soirée hivernale avant de rentrer sur notre Baie…

Pour plus de photos (2 albums selon que vous disposez du mot de passe ou non) :

 

Météorite, baleines et Super Bowl

P1030822Par un rude matin de samedi hivernal dont les 26°C (79°F) et le bleu immaculé du ciel ne nous décourageaient guère, nous partîmes avec marmaille, sandwiches et entrain bien qu’en voiture respirer l’air marin. Cap sur la péninsule de Point Reyes, à une heure au nord-ouest de San Francisco et de nos pentes berkeleynes.

Traversée de la baie via le pont de Richmond dont je ne me lasse toujours pas. Puis de petites villes à l’architecture paresseuse mais bien vivantes. Avant d’atteindre des forêts scandinaves puis des collines irlandaises. Pour enfin arriver à l’entrée de Point Reyes. Encore une demi-heure sur l’unique route qui serpente le parc entre les ranchs épars et les vaches noires qui mâchonnent à l’américaine face à l’océan.

Météorite

P1030832Arrivés à la plage de South Beach, avec des vagues qui épouvanteraient ma pauvre mère, on marque notre territoire par un pique-nique encore peu mérité. Ou par une pause-pipi pour les plus primaires d’entre nous.

Cul trônant sur un tronc d’arbre et yeux scrutant naïvement et désespérément queues et jets de baleines au large, ma contemplativité légendaire se voit alors récompensée par un phénomène assez extraordinaire.

A ce qui nous semble quelques centaines de mètres à peine, un objet fend soudainement le ciel pour se jeter vers l’océan. J’ai tout juste le temps de prévenir la troupe via une interjection qui brille probablement par son esprit que cet OVNI prend feu puis disparaît au bout de 3 /4 secondes, à quelques dizaines de mètres au-dessus de l’océan.

Ouais je sais, cette infographie, bien que réalisée avec goût et subtilité, fait plus rire qu'autre chose.
Ouais je sais, cette infographie, bien que réalisée avec subtilité, fait plus rire qu’autre chose.

Court, mais si proche et clairement visible qu’on en a tous bien profité. On pense d’abord à une étoile filante avant de réaliser qu’on a bien assisté tous les 4 à une chute de météorite ! Notre apathéisme viscéral nous empêche toute interprétation mystique, mais on est sous le choc un moment. Le lendemain, le site de l’American Meteor Society nous confirmera qu’on n’a pas été victimes d’une hallucination collective, l’événement ayant été rapporté par une bonne cinquantaine de personnes.

Baleines

Bon, on peut rentrer et se coucher heureux, mais on est là pour les baleines. J’ai beau être sûr d’avoir vu des grosses bêtes sortir plusieurs fois de l’eau, c’était à 50m de la plage, donc on reste circonspect.

P1030840On se dirige vers le phare situé à l’extrémité de la péninsule, dans une navette qui circule sur une portion de route interdite aux voitures lors de cette période de reproduction des éléphants de mer. Puis une magnifique petite marche en bord de côte. On scrute toujours les baleines, avec l’impression d’en voir de partout, tels des Haddocks hallucinant sur leur bouteille de whisky en plein Sahara.

Descente des 308 marches d’escalier pour visiter le phare. On a beau aimer la solitude, là on se dit que ça doit être beaucoup. Un collègue, même con, ça reste un collègue quand-même. On voit aussi un panneau indiquant que 30 baleines ont été observées hier, c’est bien le diable si on en chope pas une !?

Et puis finalement, tout le monde à les jumelles braquées sur une même direction. On suit et on voit enfin les jets. Et des bouts de baleines qui vont avec. Bon, faut pas s’exciter, on lui tape pas la bise à la baleine, mais ça reste impressionnant. Imaginer ces monstres évoluer à quelques dizaines de mètres de nous. Et qui frayent avec les gros requins blancs. Brrr, je prends pas de douche ce soir !

Super Bowl

Le 1er dimanche de février consacre l’événement médiatique et anecdotiquement sportif de l’année ici : la finale de foot américain. La prise d’antenne commence vers 10h, le match vers 15h30, et ça dure 4h : 1h de match entrecoupé de 20 minutes de concert à la mi-temps et plus de 2h30 de pub. Jusqu’à 120 millions de téléspectateurs américains, 4.5$ millions les 30s de pub.

Comme souvent ici, tout se joue sur l’épat et la démesure. Katy Perry a beau être un peu loin de ton panthéon personnel, le show reste impressionnant. Pareil pour les pubs, même si ta beau être largué au niveau des références culturelles.

Bon, quand-bien même le match est intéressant (ce qui fût le cas ici), c’est chaud pour maintenir l’intensité sportive. Nos supporters de foot doivent passer pour des intellos pour suivre le même truc 2 * 45 minutes ininterrompues.

Au fait les ricains, quand est-ce qu’on arrête avec cette blague ?

Football / Soccer

 

Charlie

La pétarade à Charlie fait aussi les gros titres ici. Faut dire que le côté coup-de-feu+terroriste+islamiste+chasse-a-l’homme, c’est de l’or en barre ici.

Je peux pas m’empêcher de penser combien ça les aurait fait gerber, nos disparus, tout ce salmigondis national et unanime de pathos et de bons sentiments.

Les gens qui disent manifester pour la liberté de la presse… Quelle connerie. Combien sortiraient si l’attaque avait ciblé un Minute ou un Rivarol ? Non, les gens sortent principalement pour l’émotion et affronter la peur en groupe. C’est pas reprochable, bien au contraire, mais qu’on arrête cet alibi grotesque de la liberté de la presse.

Achevés dans leur mort par ces hommages suintant la bien-pensance qu’ils dénonçaient, les pauvres. Heureusement que y’a quelques dessins cyniques qui sortent pour rendre hommage dans l’esprit de Charlie, sinon ça serait un vrai désastre.

Mais mon positivisme américain me fait voir le bon coté des choses.

Débarrassé de la planche hebdomadaire du “Beauf” de Cabu qui squattait le bas de la page 7 de mon Canard Enchainé et qui pouvait ne faire sourire que les natifs du début de ce siècle et du précédent (même si Cabu faisait toujours de chouettes dessins politiques dans les autres pages).

Soulagé de toutes les paires de fesses et de nibards crachées à la chaine par papy Wolinsky.

Heureux de voir Patrick Pelloux echapper au drame. Si le bonhomme est une bête médiatique avec tous les travers que ça comporte, ce mec a un taux d’humanité à la ligne qui me tort les boyaux à chaque fois que je lis une de ses chroniques. Encore plus que feu Cavanna.

Espoir (très limité) de voir un Charlie revigoré avec une équipe qui pourrait rajeunir l’esprit et lui donner un peu plus d’ouverture.

Content pour tous ceux qui vont bénéficier de l’événement : médias (les tonnes de coke qui doivent circuler ces jours chez i>Télé et BFMTV…), partis et mouvements extrémistes (Marine pleure sûrement, mais de joie), polémistes (Zemmour, change ton slibard), éditeurs et biographes (combien de chèques d’avance déjà signés ?), …

Et heureux d’apprendre que finalement Charlie faisait se bidonner plusieurs millions de lecteurs, j’en étais bêtement resté à quelques dizaines de milliers.

Bon, pour Charb, Tignous et Maris, j’ai du mal à trouver des bon côtés, car il vont sérieusement me manquer ces trois-là ; je dois encore travailler mon moi américain. Quant aux autres, Honoré, flics, agent d’entretien, autres chroniqueurs/correcteurs, si j’ai bien compris, c’est pas la peine d’en parler.

J’ai dû lire Charlie pendant 6 mois après son redémarrage avant d’être fatigué par son systématisme dans l’approche politique et le trop plein d’humour bas du ventre. Mais lors de notre séjour en France ce Noël, je suis retombé sur un Charlie, que j’ai lu avec plaisir, et sur le livre regroupant toutes leurs couvertures depuis la sortie. J’étais re-rentré dans leur intimité quand ils racontent comment ils se retrouvent après la Grosse Bertha pour fonder le journal. Au retour aux US, j’hésitais même à me réabonner, du coup ça m’a un peu plus sonné que ça aurait dû.

J’ai aussi appris lors du même séjour le cancer d’un cousin éloigné mais apprécié. Trentenaire, le petit dernier de la génération, le genre de mecs que tout le monde aime. J’ai toujours été amusé par son prénom. Moins maintenant. Il s’appelle “Charlie”.

 

Driver on the storm

Ca fait quelques jours qu’on nous annonce l’Apocalypse sur la Baie. Après 3 mois de ciel bleu et 3 grosses années de sécheresse, on a régulièrement ces dernières semaines quelques nuages et quelques gouttes. Bon, toujours avec une température de 18-20 C°.

Mais là les journaux annonçaient une tempête venant du Pacifique sur la Californie. La plus grosse depuis 5 ans. Avec tempête de neige au nord, vents violents et pluie torrentielles ici. Et risque de glissements de terrain qui réjouit guère les troglodytes que nous sommes dans notre maison qui épouse déjà bien la pente.

Gros titres des médias tous ces derniers jours, écoles fermées ce jeudi et beaucoup de boites qui demandent à leurs employés de rester à la maison.

Brrr.

Et c’est ce jour que j’ai choisi y’a 3 semaines pour passer mon permis de conduire.

Facepalm

Après une nuit tourmentée par des vents qui montent en puissance, me v’là parti pour le DMV, le centre pour passer le permis de conduire. Je prévois large et je fais bien. La pluie est impressionnante, mais pas monstrueuse non plus. Les vents sont limités a 60-70 km/h. Pourtant, les rues sont jonchées de branches et traversées par les torrents qui déferlent du haut de la colline ; à certains endroits, elles sont impraticable à cause de bouches d’égouts qui se transforment en geysers.

La pluie est tellement peu courante ici que rien ne semble prévu pour.

J’arrive au DMV, désert par rapport au mois dernier quand j’ai passé le code. L’examen dure 20 minutes. Le mec prend son temps pour vérifier l’état de la caisse avant de monter, on le comprend. Car ici tu passes l’examen avec ta propre voiture. Et la seule condition préalable est que tu aies passé ton code avant. Tu le passes pas les doigts dans le nez, mais c’est pas un niveau prépa non plus. Et ça te donne un permis de conduire temporaire. Notre bonne blague du permis reçu dans une pochette surprise doit pas trop marcher ici.

Je résiste à mon envie provocante de lui raconter la première fois que j’ai conduit une voiture en France et que j’ai eu un accident avec mon instructeur. Ca je le dis à mes passagers que quand j’ai pas envie de conduire. Ou de les conduire.

L’examen de conduite est cool car on reste en bas de la colline où les routes sont plus praticables. Ca doit durer 10 minutes à faire le bon élève à marquer les stops et mâter ses rétroviseurs. Ici, la manoeuvre consiste à faire une marche-arrière en longeant le trottoir. Le truc mis en avant ici, c’est de montrer qu’on conduit sagement. Pas de pièges comme nos tordus d’inspecteurs français peuvent en proposer. En même temps ça rassure pas sur le niveau de conduite général.

La conduite est vachement reposante ici. Déjà, y’a la voiture automatique qui fait passer pour des retardés pervers tous ceux qui tripotent leur boite manuelle. Les limites de vitesse sont plus basses (40 km/h en ville, 104 km/h sur autoroute), y’a plein de stops qui remplacent les priorités à droites, et surtout y’a plein de piétons partout auxquels faut toujours faire gaffe.

Une fois rentrés au DMV, il me remet ma feuille d’évaluation positive, et c’est fini. Dernière étape de notre relocation franchie !